A Téhéran, manifestation anti gouvernement. Une jeune femme meurt sous l'oeil des téléphones portables. De suite, les films pris en cachette sont diffusés sur le net. La presse internationale s'empare du fait (meurtre même) et l'histoire fait la une de tous les journaux. Tout d'abord, les journalistes font quelques recherches : qui est cette jeune femme ? On entend vaguement sur la vidéo quelqu'un dire "Neda, Neda" et hop, les journalistes cherchent sur face book et effectivement, il y a une Neda Soltani. On dirait bien que c'est la défunte. Allons journalistes, ne cherchez pas plus loin, ça doit être elle ! Voilà, l'erreur est faite, tout s'enchaîne. Neda Soltani est morte, tuée par le régime oppresseur, etc etc. Cette photo de Neda Soltani (portrait à droite) devient le symbole des manifestants, c'est le symbole du martyre. Elle est jeune, belle, et morte.
Mais erreur, Neda Soltani n'est pas morte. La jeune tuée est Neda Agha Soltan (portait à gauche). Les noms se ressemblent, les photos se ressemblent, mais c'est tout. Le gouvernement iranien s'en prend à la famille de Neda Agha Soltan (la défunte) : pas de funérailles religieuses, représailles, etc etc...Mais s'en prend aussi à Neda Soltani. Elle doit fuir l'Iran, se réfugier en Allemagne, dans un total dénuement. Son portrait est toujours le symbole de la répression en Iran. La vie de Neda Soltani n'est pas foutue, mais presque ! Merci à la presse ! Et oui, tout pour faire un buzz, pour faire la une, quitte à ne pas trop vérifier les infos !