J'avais entendu parler de cette histoire (qui m'a encore une fois touchée). Je voulais justement en parler, ici, sur mon blog...je suis tombée (sans me faire mal, n'ayez crainte) sur l'article de Charlie Hebdo. Plutôt que de mettre ça à ma sauce, je vous copie (c'est moins fatiguant et si bien raconté) l'histoire de Monique racontée par Charlie Hebdo :
Mis en ligne le mardi 13 novembre 2012 - Site de Charlie Hebdo
Les méthodes de l'ancien régime sarkozyste semblent résister au «changement» annoncé. En tout cas, ce changement n'a toujours pas atteint le consulat de France à Douala, au Cameroun.
Le Français Guillaume et la Camerounaise Françoise-Judith en ont d'abord connu la bêtise kafkaïenne lors des démarches pour la transcription de leur mariage. Aujourd'hui, Françoise-Judith vit avec son mari en France depuis quatre ans. Leur fille de deux ans et demi ne connaît pas encore sa grand-mère maternelle, Monique. Et pour cause! La venue de mamie Monique était prévue pour le 13 septembre 2012. Une grand-mère qui passe ses vacances chez ses enfants, quoi de plus normal? Certainement pas pour le grand manitou des visas au consulat, qui confond grand-mère africaine et envahisseur: «Votre volonté de quitter le territoire des États membres [de l’espace Schengen] avant l’expiration du visa n’a pas pu être établie», dixit le consulat de France. Pourtant Monique, la cinquantaine, vit à Douala avec son conjoint et trois de ses enfants. Elle travaille dans la même entreprise depuis trente ans et vient d'acquérir un terrain pour y construire une maison. Mais, très bureaucratiquement, le consulat craint que cette active grand-mère n'abandonne mari, enfants et situation professionnelle pour tenter l'aventure de la clandestinité dans le Cantal, sans rien... Cette présomption de culpabilité, ce délit d'intention ne sont attestés par rien, si ce n'est le faciès. Les recours sont longs, fastidieux et coûteux, sans aucune garantie de résultat, histoire de bien dissuader. Recours contre le refus de visa, courriers aux sénateurs, députés, au président de la République, contact téléphonique avec le Consul lui même … rien n'y fait.
Bilan de cette absurdité administrative : 1 000 euros de frais divers (taxes, billets d'avion) perdus. Et surtout l'humiliation et le déni du droit de voir sa famille. Pour l'administration française, mamie Monique détourne «l'objet du visa à des fins migratoires» (sic). De toute manière, rien n'empêche sa fille, sa petite-fille et son beau-fils de se rendre au Cameroun... De quoi prétend-elle se plaindre ?
Pour en savoir plus : www.mamiemonique.fr