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Crise de cocu(e)

Je viens de voir une série pas terrible à la télévision. Histoire de meurtre avec arrestation du meurtrier : yes, il a tué sa femme car elle le trompait…houuuu, la vilaine ! Mais bon, lui, c’est pire qu’un vilain, c’est…un meurtrier ! Ca me fait penser à une histoire, pas de meurtre mais de tromperie.

J’avais une collègue, il y a longtemps, que j’appellerai Suzanne (et oui, encore elle). Elle arrivait le matin, toujours heureuse, toujours satisfaite, toujours….bref, toujours toujours. Elle nous racontait combien elle était bien avec son mari, combien il l’aimait, combien il ne pouvait pas se passer d’elle. C’était le grand amour, l’amour unique qui ne finirait jamais.

Un jour, quelques temps avant noël, je vais dans une bijouterie. Je croise le mari de Suzanne. Je l’appellerai Sam. Donc, je croise Sam. Il est en train de choisir une bague, une très belle bague. Il ne me voit pas. Ca n’est pas parce que je me cache ou que je veux l’éviter. Non, pas du tout. C’est parce qu’il est très occupé par le choix de la bague et qu’il ne fait pas attention à ce qui se passe autour de lui.

Il termine son achat, et s’en va. Moi, j’achète ce pour quoi je suis venue et je m’en vais aussi.

Quelques temps après les fêtes de Noël, je croise Suzanne, qui discute avec d’autres femmes. Je me mêle à la conversation, et nous papotons nous papotons (au lieu de travailler bien sur). La conversation arrive aux cadeaux de Noël, et chacune de raconter ce qu’elle a eu comme présent. Moi, je me tourne vers Suzanne et lui demande « fais voir la bague que t’as eu ? »

Réponse : « Quelle bague ? »

Moi « ben euh je sais pas, t’as pas eu une bague ? Mais si (dis-je en regardant sa main), cette bague là, tu ne l’avais pas avant ? C’est un cadeau non ? ».

Suzanne regarde son doigt, où effectivement brille une belle bague : « non, ça c’est une bague que j’ai depuis longtemps. A Noël, Sam m’a offert un foulard et un beau bouquet de fleurs ».

« Ah, ok ! » Et hop, je me tourne vers une autre collègue, et j’enchaîne sur une autre discussion. Je viens de me rendre compte que j’étais à deux doigts de commettre une énorme bourde. La bague que Sam avait achetée était destinée à une autre femme. Bien sur, je n’ai rien dit à Suzanne. Ca ne me concernait pas.

Quelques mois plus tard, j’ai appris que Suzanne divorçait d’avec Sam. Il avait une maîtresse, et elle les avait surpris dans une voiture, dans une position sans équivoque. Elle ne les a pas tués, non, elle a juste beaucoup pleuré, ensuite elle a cassé e piétiné toute la vaisselle, s’est arrachée les cheveux, lui a arraché la moustache (il n’avait déjà presque plus de cheveux), et l’a viré de sa vie. Je ne crois pas qu’elle ait su pour la bague. Mais de toutes façons, quand ils ont divorcé, elle l’a tellement plumé que je reste persuadée qu’il a récupéré la bague pour la revendre.

Je me dis que finalement le grand amour, ça n'existe pas.  On aime, on donne, on reprend. C'est la vie ! Moralité bien à moi : si un jour mon chéri m'offre un foulard et un bouquet de fleurs, je lui dirai "et la bague que tu as achetée, elle est pour qui hein ? Salop, tu me trompes !"

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